C'est vers la mi-août qu'est sorti
le supplément mode de l'Automne du New York Times, le T's Women Fashion Issue. Et c'est une trés surprenante Rachel McAdams qui en fait la
couverture. On y retrouve une longue interview trés interessante car on y apprend beaucoup sur le jeune actrice (et surtout sur sa vie personnelle) et des photos vraiment trés originales. En
effet, elle y porte des robes au style trés sombre voire même gothique et elle est maquillée et coiffée dans ce sens. Pour ceux qui la voit jouer Catwoman dans un prochain
Batman (ce qui n'est malheureusement même pas au stade d'une rumeur mais plus d'un fantasme de fans), c'est plus que concluant. Dans cet article appelé Crazy Like A
Fox, Rachel McAdams, préparant la sortie prochaine aux USA de The Lucky Ones, se confit avec sincérité à Lynn
Hirschberg. J'ai traduit cette excellente interview en français (et c'était pas toujours facile !) pour pouvoir mieux la comprendre. Ce qui est sûr, c'est qu'elle semble vraiment
authentique et sympathique.
Dans Lucky Ones, vous jouez un soldat parti en Iraq qui revient au pays. Qu'est-ce qui vous a attiré pour faire ce film ?
La première fois que j'ai lu le scénario, je n'avais pas vraiment saisi mon personnage et je trouvais ça intéressant. Elle a tellement un mélange de qualités. Une minute elle peut être dure
et la suivant elle est au contraire trés sensible. J'aime ce caractère compliqué. Et j'étais intéressée dans le fait de faire quelque chose en rapport avec l''armée et la nature de la vraie
camaraderie et du service. Basiquement, le film est un long voyage par la route, et ça me parlait : nous étions comme une famille qui conduisait pour aller à Disneyland et qui jouait à
"nomme la musique qui passe à la radio" pendant tout le chemin. Je n'étais jamais allée dans un avion avant mes 22 ans, et ensuite j'étais partie pour l'italie pour mon premier rôle
(trés probablement pour le film italien My Name is Tanino sorti en 2002). C'était vraiment glamour et
différent de ce que j'avais connu. Je pensais, c'est ça faire des films !
Vous avez grandi dans un petite ville du Canada. Avez-vous toujours voulu être actrice ?
Non. Quand tu vis dans une petite ville au milieu de l'Ontario, ça serait un trop grand rêve de dire que tu veux aller à Hollywood. Mais secrètement,
je pense que je l'ai toujours su. Quand j'étais jeune, je faisais du patinage artistique, et chaque année il y avait une représentation à faire. C'est comme ça que l'actrice en moi est apparue.
J'aimais les costumes et les étincelles. Une année, je jouais Marylin Monroe sur la glace. Je dançais sur "Diamonds Are The Girl's Best Friend". Je portais une longue perruque blonde et une
robe rouge avec des paillettes. C'était divin.
Quand j'avais 12 ans, j'ai été dans un camp de théâtre. Je connaissais toutes les musiques de Broadway et je voulais être dans une comédie musicale, mais je ne chantais pas assez bien. Ensuite,
un sage professeur m'a dit : "Peut-être que tu devrais essayer Shakespeare". Au premier abord, c'était intimidant, mais notre première pièce fut Macbeth et j'ai été choisie pour interprêter une
des sorcières. Au lieu d'être des sorcière affreuse, nous en furent de belles et sexy. Le directeur de la pièce était suffisemment intelligent pour faitre cette distinction et je suis
devenue accroe : j'adorais Shakespeare. J'étais impliqué dans ça par la suite et je me suis probablement dit que je voulais être une actrice.
Mais vous êtes toujours restée au Canada au lieu de rejoindre Los Angeles ou New York.
Oui, je vis dans une
petite ville, le type d'endroit où le maire tient aussi l'épicerie. Je n'ai jamais encore habité à Los Angeles ou New York. J'avais eu une petite vie tranquile. J'ai travaillé dans le
McDonald's de la région pendant 3 ans. Je ne sais pas pourquoi ils m'ont gardé : j'étais à la fois une sorte de rêveuse et une traînarde, donc ils voulaient seulement me laisser faire la "voix
amicale" qui vous accueillait quand vous entriez dans le restaurant. J'étais lente. Je voulais bien organiser les paquets à emporter des clients alors qu'il y avait une ligne de client qui
serpentait à la porte. Même dans un fast-food, je voulais tout faire bien.
Les tournages de film doivent vous rappeler les petites
villes.
C'est vrai. Tu es vraiment proche du reste des acteurs et de l'équipe technique pendant un petit moment. Je me mets en retrait
chaque fois que je finis un film. Cela me manque le fait de travailler ensemble pour le même but. J'ai toujours aimé l'idée de cette sorte de tâche, planifier et organiser un évènement. Au lycée,
j'avais le titre de "rassembleuse sociale". J'étais un comité d'une personne, organisant le bal de fin d'année. Je ne suis pas ce genre de fille, mais je m'ennuyais et je voulais rendre les
choses plus intéressantes.
Qu'est-ce que vous portiez au bal de fin d'année ?
Une robe chartreuse longue jusqu'au sol. C'était un corsage de velours et une jupe en chiffon. J'avais un corsage sur le poignet et mes
cheveux étaient pleins de petites boucles.
Quelle était la couleur de vos cheveux ? Vous êtes toujours en train de changer, du roux au
blond, en passant par le brun et le rose.
Je pense que c'était un blond sale. C'est une pulsion : je suis toujours en train de changer des parties de moi. Même quand j'étais jeune.
Je voulais changer la couleur des mes cheveux. J'étais si déterminée que j'ai teint mes cheveux avec du Kool-Aid. Tu trempes ta tête dans une cuvette de Kool-Aid rouge pendant 4 heures, et ça
donne la couleur de l'abricot. C'est pas vraiment joli, mais ça transforme. Même mon écriture change régulièrement (elle rigole). Ils disent que ça arrive seulement aux sociopathes,
donc peut-être que je suis folle.
Aimez-vous les auditions ?
J'adore auditionner. Depuis N'oublie jamais et Serial Noceurs, je n'ai plus eu d'auditions, et ça me
manque. Tu dois montrer ton interprêtation du personnage. Je suis nerveuse quand je n'ai pas d'audition. Que se passe t-il si ils n'aiment pas ce que tu veux faire ? J'aime aussi les screen-test,
où ils te mettent dans une chambre avec le personnage masculin principal. Ils veulent voir si il y a une alchimie ensemble. Il y a quelque chose de formidablement vieille mode à propos d'un test
d'alchimie. Durant un film, l'alchimie est si importante, et ils doivent assumer que des acteurs peuvent les tromper. Ca ne fonctionne pas toujours.
Dans N'oublie jamais, vous et Ryan Gosling avez une incroyable complicité. Les scènes d'amour sont-elles difficiles à faire ?
Elles sont étranges. Un baiser devant ou en dehors de la caméra peut-être intimidant. J'ai été embrassée depuis près de 20 ans maintenant, et je suis convaincue que je le
fais pas bien. L'alchimie est si importante pour un grand baiser. Tu peux jouer à faire semblant avec tout, mais c'est dur avec un baiser. C'est vraiment mieux si il y a une
attirance.
Vous avez eu une année trés occupée en 2005 avec Red Eye, Serial Noceurs et Esprit de famille, et ensuite vous avez comme
disparu. Je suis sûr que vous avez reçu un déluge d'offres. Pourquoi ne pas les avoir acceptées ?
Vous seriez surpris : je n'ai pas reçu
beaucoup d'offres intéressantes aprés N'oublie jamais. Et oui, j'en ai beaucoup maintenant. Mais je n'aime pas travailler tout le temps. Quand je travaille, le reste de ma vie
s'esquive. Je mets une pause sur tout, et ensuite, quand je travaille, je retourne dans le monde que j'essaye d'interprêter dans les films. J'ai une personnalité qui se divise. J'aime être
complètement immergée par ma vie personnelle, mais je suis également complètement prise par la vie de mes personnages. Si tu veux dire dse histoires avec le plus de vérité possible, tu dois avoir
une vie normale et ennuyante. Autrement, tu ne comprendras jamais la grandeur de chaque jour.
source : nytimes.com